l'enfance et l'adolescence   L'enfance


    Encore bien des dangers...


Enfance et adolescence, une période floue.


La petite enfance

Ce n'est pas le tout de naître ! Il faut vivre ensuite.
Le danger est partout à la maison mais aussi au-dehors. La mère travaille, la surveillance est parfois relâchée.
On pourra lire le procès d'un porc à Nepvant qui avait dévoré un enfant en 1526
En bas âge, l'enfant est confiné dans des langes qui lui interdisent tout mouvement.


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L'enfant dort souvent avec sa mère, autant par manque de place que pour faciliter l'allaitement la nuit. L'église condamne cette pratique populaire qui entraîne parfois la mort par étouffement. Mais à une époque où la plupart des maisons sont peu ou mal chauffées, coucher un enfant auprès de soi, peut aussi apparaître comme un geste protecteur.
Si la mère allaitait dans les familles rurales, il n'en était pas toujours de même dans les familles aisées. On faisait alors appel à une nourrice, (les femmes du Morvan étaient parait-il les meilleures !)  en bonne santé et de bonne éducation, si possible primipare.
Ces nourrices officiaient soit à domicile, soit chez elles où l'enfant était emmené, dans des conditions parfois déplorables.
Mais on n'en connait pas à Pouilly.

Quand il commence à marcher on le place dans l'ancêtre des "youpalas" ou dans des paniers d'osier accrochés au mur.


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La mortalité durant la petite enfance pour la période 1673 à 1722
Entre 0 et 20 ans, on constate les décès suivants :

- 97 avant 1 an
- 28 avant 2 ans
- 13 avant 3 ans
- 12 avant 4 ans
- 6 avant 5 ans
- 2 avant 6 ans
- 4 avant 7 ans
- 3 avant 8 ans
- 2 avant 9 ans
- 2 avant 10 ans

169 enfants sur 801 naissances n'atteignaient donc pas l'âge de 10 ans, soit 21 % des nouveaux nés...

En complément on peut se référer à la page mortalité infantile



L'adolescence

On remarque sur les registres que beaucoup savent signer à partir de la moitié du XVIII ème.
Certes la signature est parfois maladroite mais ce ne sont plus ces bâtons malhabiles qu'on trouvait précédemment.
Voici trois exemples parmi d'autres de signatures :

signature 1
Il s'agit de Jean Baptiste Gouverneur
et
Catherine Bertrand.

signature 2

Et là de Barbe Dian et non Bebar...




signature 3

Celle-ci est de Jean-Baptiste Durlet. Le milieu social n'était pas le même.




Est-ce à dire que nos ancêtres étaient instruits ?
Certainement, mais peu. Il existait bien sûr des écoles avec des maîtres. Mais la priorité était donnée aux travaux nourriciers.
Quant aux jeunes filles, leur avenir était plus à aider leur mère que d'étudier des choses, dont à cette époque, on n'avait pas forcément le plus urgent besoin.
L'école devint obligatoire pour tous par la loi du 28/06/1833. C'est François Guizot qui en fut l'instigateur précédant Jules Ferry.

Dans son "Atlas de la France et ses colonies" édition 1872, Alexandre Aimé Vuillemin (1812-1886) fournit par département le pourcentage des populations qui savaient lire et écrire. En Meuse pour 301 653 habitants nous sommes à 88%, les Ardennes 326 864 h, 79 %, la Marne 390 809 h, 79 %
D'une manière générale les départements de la zone nord sont plus "instruits" que ceux de la zone sud. L'ain 55%, Ardèche 40 %, Corrèze 35 %, Loire 36 %, Mayenne 31 %, Aube 32 %, Landes 56%  etc.
La lorraine s'en tire donc plutôt brillamment.

Le rythme scolaire était aussi diffèrent et s'accommodait des travaux champêtres. Le besoin de bras, l'été aux vendanges, vidait les bancs de l'école. Les enfants aidaient leurs parents.
Mais si l'école existait, les programmes ne ressemblaient que de loin à ceux actuels.
Le français était bien sûr enseigné. Lire et écrire était le but premier.

Au XX ème les instituteurs se sont lancés dans la chasse au patois. En effet, langue vernaculaire de nos ancêtres, elle variait d'un canton, voire d'un village à un autre. Les révolutionnaires jacobins avaient déjà lutté contre son utilisation, au nom d'une uniformisation des relations inter-régionales, mais sans véritable succès.
au XXI ème siècle, il ne reste quasiment plus rien de ces patois, exceptés quelques langues régionales. Charles Bruneau (1883-1969) linguiste ardennais, a heureusement conservé quelques conversations enregistrées au début du XX ème. On peut les écouter sur le site Gallica de la BNF, et se rendre compte de la richesse de cette langue, sacrifiée au profit du français, simple patois qui a mieux réussi que les autres.
Le calcul faisait aussi partie du cursus. Savoir compter permettait d'accéder à des fonctions ou des métiers mieux rémunérés que l'agriculture, l'usine ou la vigne. On voit par exemple ce Jean-Baptiste Martinet  à qui l'on propose la place de comptable de l'usine de Pouilly à 14 ans. "C'était une carrière honorable et lucrative qui s'ouvrait devant lui. En même temps qu'il tenait les comptes, il devait apprendre le maniement des divers métiers de tissage.".

L'histoire également, mais une histoire souvent "revisitée" par des Michelet, Lamartine, Quinet, Lavisse et autres.
Le XIX ème fut celui de la dénonciation du moyen-âge, de l'ancien régime, quitte à "bricoler" quelque peu la vérité. Ce fut aussi celui de la revanche et de l'anti-germanisme, portée par la défaite de 1870 et la perte de l'Alsace-Lorraine. Nos hussards noirs enseignaient du Dérouléde !
Une loi de 1882 instaura même la création de "bataillons scolaires". Les instituteurs faisaient faire la manœuvre aux enfants avec des fusils en bois. Elle fut abrogée en 1892.
Au début du XX ème, on encouragera même l'enseignement du tir à l'école. On sentait la guerre approcher...

La géographie qui permettait de situer nos départements, mais aussi les colonies.
La morale, l'éducation civique et religieuse, les chants patriotiques étaient censés faire de l'écolier un futur bon citoyen, un bon soldat, un honnête travailleur et un bon père de famille. La devise "Travail, Famille, Patrie" se devinait déjà.

Certains enfants, poussés par le curé, un parrain aisé ou l'érudit du coin, partaient en ville en apprendre un peu plus. Ce fut le cas de nos instituteurs, de quelques militaires, et de quelques prêtres.
Parmi ceux-ci :
Le 29/09/1719, on trouve un "... Jean Gobert, jeune garçon étudiant..." parrain de Nicolas Arnould et de Jeanne Limousin. (AD55 1676-1722 250/276).

La plupart des enfants travaillaient avec leur père, ou un oncle à la ferme ou à l'échoppe.
Certains partaient en apprentissage chez un "patron" avec un contrat en bonne et due forme.
D'autres s'enrôlaient, finissaient mendiants ou vagabonds.