militaire Les militaires.

Engagés ou appelés.



Les militaires nés à Pouilly et d'autres.


Parmi les soldats évoqués dans ces pages, tous n'étaient pas de carrière, mais de simples villageois tirés au sort ou appelés.
La liste n'est pas exhaustive, car certains ont fait leur service et n'ont laissé aucune trace. Ils sont revenus et ont repris leurs activités après cet intermède de quelques années.
Il faut aussi être conscient que beaucoup de nos ancêtres (et surtout sous l'ancien régime), n'ont pas d'acte de décès à Pouilly.
Ils sont morts à la guerre ou de maladie dans un hôpital lointain, ou prisonniers. Les transcriptions de décès apparaissent tardivement.
Les seigneurs de Pouilly, militaires de naissance n'apparaissent donc pas dans ces pages.

On trouvera donc :
Quelques gradés (il en fallait bien). Idéalistes ou voués par la tradition familiale à cet état, comme certains finissent curés. Tradition du sabre et du goupillon. On est tenté de penser que leur condition était meilleure que celle du pauvre bougre resté au village.
Et les autres, les appelés, les "tirés au sort", les remplaçants qui donnèrent leur vie sans toujours savoir pour qui et pourquoi ils se battaient.
Pour exemple :
Ce Jean-Baptiste Saussette, qui va mourir à Saint-Domingue en 1802, ou ce Pierre Guichard que la dysenterie abat au Mexique en 1864.
Ou encore cet autre, Jean-Louis Gobert mort de fièvre à l'hôpital de Plock prés de Varsovie en 1807.
Plus près de nous, Bernard Lequy, menuisier, qui à 22 ans se fait tuer pour une guerre (un maintien de l'ordre !) qui n'était sans doute pas la sienne.

Je ne suis pas certain du tout que tous ces gens soient montés au "casse pipe" par patriotisme.
Nos chers poilus de 14/18 ne sont pas, loin s'en faut, partis au front la fleur au fusil...

Ne perdons pas de vue que l'aventure commençait, au moins jusqu'au XIXe siécle, aux limites du canton. Les courbes isochrones nous montrent qu'en quatre heures on était au mieux à 12 kilomètres du village.
Que représentait alors l'Indochine, le Canada, l'Égypte ou même l'Italie ?
Que certains par esprit d'aventure ou par nécessité aient choisi cette voie, c'est certain, mais pour eux aussi, abandonner le noyau familial, la routine du village, la terre ferme même, fut sans doute une véritable épreuve.
D'autant qu'on ne partait pas pour un an ou deux ! Les périodes pouvaient aller jusqu'à sept ans et  "rempilables".

Et partir où ? Les guerres, les traités, les alliances en décidaient.
Les sergents recruteurs faisaient miroiter la solde, l'uniforme et son prestige, la retraite (qui fut réduite à la restauration de moitié) à l'auberge du lieu, enivrant souvent le futur soldat.
L'idée de revenir et briller par ses exploits, n'était sans doute pas étrangère à ces engagements "coup de tête".
Mais quelle désillusion, quand sac au dos il faut rejoindre son unité, escorté par quelques gendarmes.
On perd son identité car le surnom est de coutume. On finit par s'appeler Brindamour, Lagrenade, Barrois, Belhumeur, Sans regret, la Tendresse, la Ramée, la Violette, Sans pitié ou autre qualificatif haut en couleur.
On se regroupe entre "pays". Mais la belle solidarité disparait souvent dans l'adversité.
Et finalement on s'éteindra loin de tous, dans des contrées qu'un maître d'école avait peut être affirmé qu'elles existaient. Mais si loin !
La désertion  était alors fréquente, mais gare à ceux qui se faisaient pincer par la maréchaussée... De la galère aux Bat d'Af, rien n'a vraiment changé. Le pauvre type devenait un paria si il n'était pas jugé et exécuté.
Les fusillés pour l'exemple de la première guerre en sont la triste preuve.

A Pouilly je n'ai trouvé que deux cas d'insoumission :

Ambroise Jules Fraikin né le 11/04/1888 à Pouilly, mais sur le bateau de son père, batelier belge. Il n'était donc pas Français.
Gédèon Justin Attencourt, né le 19/05/1886 à Pouilly dont on ne sait rien d'autre.
Leurs dossiers d'insoumission ont été égarés au cours de la guerre 1914-1918. L'original de l'ordre de route n'ayant pas été retrouvé à la mairie de Pouilly (Elle a brûlé en 1917), l'infraction relevée à la charge de ces insoumis manquait ainsi de base légale.et ils ont fait l'objet d'une ordonnance de non-lieu le 31/07/1930.

Paul Nicolas Godet, né le 17/12/1864 à Pouilly a été omis de la classe 1884. Il est déclaré insoumis le 19/02/1887. Il se présente volontairement à Bordeaux le 28/11/1888 et arriva au 106e d'infanterie le 29. Le 06/12/1888 il fait l'objet d'une ordonnance de non-lieu.
Il faut dire qu'avec ses parents Pierre Godet et Catherine Adnesse, il vivait à Loredello de Ouro au Portugal.
Il passe dans la réserve le 22/09/1890 avec certificat de bonne conduite. Il retourne alors à Porto.
On le retrouve condamné à Paris le 31/03/1909 à 15 jours de prison pour mendicité en réunion,
Il est de nouveau condamné, mais cette fois à Bordeaux le 30/08/1910 à un mois de prison pour mendicité et vagabondage.


Par contre on trouve deux déserteurs :

Evrard Léon Jean-Baptiste, né le 15/11/1847, boulanger. Il est incorporé en 1868, participe à la guerre de 1870. Il est condamné le 21/06/1872 à 2 ans de prison, pour désertion à l'intérieur. Il est gracié pour le restant de sa peine le 28/11/1873
Il passe quand même 1ere classe le 14/07/1874 et reçoit le certificat de bonne conduite. Il entre aux chemins de fer de l'Est et se marie à Paris le 01/02/1877 avec Bonne Victoire Dewinck.

Fedricq Victor né le 30/07/1877 à Pouilly, domestique. Il arrive au corps le 15/11/1898, mais le 06/03/1899 il manque à l'appel et le 21 est déclaré déserteur.  Il revient le 25/05/1904 et passe aussitôt dans la réserve.
Il sera tout de même mort pour la France le 22/02/1916 à Baleycourt (55).


Alors comment classer tous ces soldats ?
Il y eut tellement de guerres qu'en faire le détail serait fastidieux.
Je les ai donc classé par grands conflits.


La guerre de 1870 aurait dû être classée dans les guerres d'empire, puisque déclenchée par Napoléon III, mais par ses conséquences  dans notre région, elle méritait un chapitre à part.