le bébé   Les maladies et autres maux.


    Rebouteux, médecins, ou remèdes de bonne femme....


Les maladies et quantité d'autres maux.


Petite vérole, fièvre tierce ou quarte, peste, choléra...
Les noms ne manquaient pas !
Pour s'en convaincre voici une liste non exhaustive des fièvres qui tuaient nos aïeux. "Encyclopédie ou dictionnaire des sciences, des arts et des métiers".

"Lipyrie, maligne, miliaire, pestilentielle, pétéchiale, pourprée, putride, quarte, quotidienne, rémittente, salubre, scarlatine, scorbutique, septimane, spasmodique, sporadique, stationnaire, stercorale, subintrante, sudatoire, sympathique, symptomatique, syncopale, tierce,tritaeophie, Tritaeophés, tropique etc. "
Pour plus d'explications il nous faudrait trouver un "Diafoirus" de l'époque. Les symptomes, parfois décrits, permettent un rapprochement avec la description de nos maladies actuelles.
Ces maladies semaient la peur et la mort chez nos ancêtres. Il n'existait pas ou peu de remèdes, d'antalgiques. Il ne restait qu'à se confier à Dieu...
A défaut de soigner, on isolait les malades dans des lieux comme les maladreries.
La lèpre, particulièrement au XIIIe siècle, mais jusqu'au XVIe était redoutée et faisait l'objet d'un contrôle rigoureux. Denain dans le tome 2 page 210/426, fait état d'un "Certificat qu'il n'y a point de lépreux à Stenay". Il date son écrit du 08/07/1466.

La peste n'était pas en reste. Celle de 1636, (on est en pleine guerre de 30 ans), fut dévastatrice.
A Stenay, Denain raconte que la municipalité "...a voué à Dieu et promis de faire construire et ériger une grande table d'autel de pierre, de marbre et jaspe etc. pour apaiser l'ire de Dieu et faire cesser la dite peste...".
On y apprend dans la foulée le nom des généreux souscripteurs.

Les archives sont souvent avares concernant les maux de nos aïeux.
Le 09/03/1778 au mariage de Jean-François Gobert et de Marie Elisabeth Henry, le curé note : "... de la déclaration et permission donnée verbalement par le père de l'époux à cause de son infirmité et de l'agrément de leurs familles respectives etc.". (AD55 1760-1791 194/345). Il s'agit de Louis Gobert, qui décède le 18 octobre de la même année à 73 ans. Quelle était cette infirmité ?
En 1799, quand eut lieu la déclaration des dommages occasionnés par l'invasion prussienne de 1792, on apprend que la femme de Louis François Lambert, Marguerite Guichard est infirme depuis 30 ans.
Mais ce sont des exceptions.

Par contre on peut penser en voyant une famille décimée en quelques semaines, qu'une épidémie est passée par là.
Les actes de décès nous le rapellent. Quelques exemples :
Jacques Doc, perd son fils Jean le 24/11/1684 et la femme de celui-ci, Françoise Gobert le 29, puis sa propre femme Marie Formet le même jour. (AD55 1673-1722 63 et 64/276)
En 1773, Marie Marguerite Aubry décède le 6 avril à 3 ans, suivie le 14 du même mois, par son frère Jean-Baptiste Michel à 7 ans. (AD55 1760-1791 141/345)
Le 25/04/1812 Jean-François Lambert, garde champêtre, décède suivi le 28, par sa femme Jeanne Marie Hans. (AD55 1802-1812 172/174) Comment ne pas penser que la maladie de l'un a entrainé la mort de l'autre ? Ils habitaient alors la Ruelette.
Jean-Pierre Adolphe Gobert décède le 12/05/1813, suivi le 19/05/1813 par a sœur Marie Victorine. (AD55 1813-1822 28/200)
Anne Marie Adélaïde Taillandier meurt le 02/01/1814, suivie de son frère Jean Baptiste, le 6 du même mois. (AD55 1813-1822 50/200)
Marie Amélie Collinet décède le 19/03/1838, son frère François Auguste Collinet le lendemain. (AD55 1833-1842 146 et 147)
Claire Gobert, épouse de Joseph Colard, décède le 11/04/1862, sa fille Elvina Colard le 21/04/1862. (AD55 1853-1862  220/227)
Marie Julie Corbier, deux mois, et son frère Jean Pierre Ernest, trois ans, meurent respectivement les 5 et 6 janvier 1863. (AD55 1853-1862 24/179)
Deux enfants de Jean Labille et Marie Alphonsine Renaux, décèdent, Emèlie Caroline, le 04/01/1883 et Georges Eugène le 8 du même mois. (AD55 1883-1892 129 et 130/185)

La liste n'est pas exhaustive. Dans cette étude, le rapprochement avec les familles proches mais hors de Pouilly, n'a pas été fait. Mais on peut supposer que l'épidémie pouvait s'étendre aux villages proches.



Les principales pandémies.

La grande épidémie de peste noire, qui ravagea l’Europe de 1348 jusqu’en 1670, ne disparut jamais complètement.
Les années 1600 à 1642, furent particulièrement touchées avec 1626, 1636, 1637  comme points d'orgue. Il faut remarquer qu'on était en pleine guerre de 30 ans et que le passage des troupes était le principal vecteur de tous ces maux.
La variole ou petite vérole (à ne pas confondre avec la syphilis, qui fit aussi bien des ravages) était particulièrement redoutée. Au XVIIIe 95 % environ de la population française est touchée et 10 % en meurt. 90 % des morts sont des enfants de moins de 5 ans. ("Mille ans de malheur : Les grandes épidémies du millénaire" Pierre Miquel, éditions Michel Lafon 1999 ISBN 978-2702838327).
Le choléra baptisé également Suette sévit  par vague jusqu'au XIXe, mais à Pouilly c'est l'épidémie de 1854 qui fit le maximum de victimes. Le budget de 1854 signale d'ailleurs une dépense supplémentaires de 1 075,15 francs..
Et plus prés de nous la grippe dite "espagnole" durant l'hiver 1918-1919. Elle fit en France plus de 400 000 morts et plusieurs millions dans le monde. Une population affaiblie par des années de guerre était la cible privilégiée de cette grippe de type H1N1.
La phtisie ou tuberculose est une maladie aussi vieille que l'humanité. Elle ne disparut en France qu'après les campagnes de vaccination, au milieu du XX ème.
La diphtérie ou croup était également redoutable au XIXe siècle et dans la première moitié du  XXe siècle.
Toutes ces maladies sont en voie de disparition par la mise en place d'une politique vaccinale, malheureusement parfois contestée au XXIe...

Ces pandémies étaient favorisées par un manque d'hygiène certain que la promiscuité accentuait.
Pierre Victor Forot (1845-1933) dans "Monographie de la commune de Naves" 1911 écrit :
"Nos paysans n'ont pas encore compris que que la propreté ne coûte rien, et qu'elle assure la santé des hommes et des animaux. En effet, il n'est pas rare qu'ils ne se lavent la figure qu'une fois tous les huit jours : le dimanche. Et encore faut-il qu'ils veuillent se rendre au bourg, ou à une réunion quelconque, dans un village voisin. S'ils restent à la maison, ils pataugent comme toute la semaine, la journée entière, dans la bouse de vaches et le fumier des porcs, les pieds nus dans leurs sabots; le purin et la terre leur ont collé un véritable mastic jusqu'à mi-jambe, mais ils se coucheront fort bien sans se laver les pieds ni les jambes..."
Certes Naves n'est pas en Meuse mais en Corrèze, mais ce texte pourrait s'appliquer à nos villageois.

On pourra aussi lire le descriptif d'une maison donnée par le Dr Louis Brebant, chargé de soigner les malades à Voncq (08) lors de l'épidémie de choléra en 1854. Ce n'est certes pas à Pouilly, mais à quelques dizaines de kilomètres près, il n' y a pas de différence notable dans le mode de vie et l'habitat.

L'eau potable n'en avait souvent que le nom, souillée par les déjections, lisiers et cadavres d'animaux.
Ce n'est qu'en août 1908 à Pouilly, que fut créé un lieu pour enterrer les bestiaux morts ou abattus.
On pourra lire l'ouvrage de Georges Vigarello : "Le propre et le sale", éditions Points histoire. Isbn 978.2.7578.4002. Ouvrage qui traite de l'hygiène du corps depuis le moyen-âge.
Voir aussi cette page concernant la voirie.

Mais les pandémies sont toujours d'actualité. Le Sida, Ebola, H1N1 etc.
Les années 2020-2021 ont paralysé le monde entier pendant des mois avec le Corona Virus 19. Il y eut prés de 130 000 morts en France, en Italie, en Espagne, 500 000 aux USA etc
En France plusieurs mois sans mariage, laisseront perplexes les futurs généalogistes !



D'autres maux

La famine
Ce n'est pas une maladie, mais elle contribue largement à son développement.
Elle a disparu avec l'ancien régime et a été remplacée par les disettes, forme allégée de ce fléau.

Jacques Dupâquier (1922-2010) a explicité les trois fléaux traditionnels, guerre, épidémie, famine dans l'Europe du XVII ème :
"Ce qui rend la guerre si redoutable, ce sont moins les violences de la soldatesque que la désorganisation de la vie agricole et surtout la propagation des épidémies. En un temps où la troupe (amie ou ennemie) doit vivre sur le pays, elle consomme le grain du paysan, qui ne peut même pas conserver la semence de l'année suivante; elle réquisitionne le fourrage et chevaux, brûle les arbres et les barrières.
Une partie de la population se réfugie dans les villes, et les champs sont abandonnés. D'où la hausse des prix à laquelle on a voulu attribuer abusivement toutes les grandes mortalités du XVII ème.
En outre les armées propagent avec elles les épidémies; dans les conditions sanitaires de l'ancien régime, toute concentration d'hommes crée une zone pathogène; toute migration massive contribue à propager le fléau.
La guerre déclenche deux sortes de migrations; celle des armées qui se déplacent avec tout un cortège d'auxiliaires, de marchands, de prostituées et de vagabonds; celle des réfugiés qui engorgent et contaminent les places et les bourgs qui les accueillent. En outre, les opérations ne permettent plus d'établir ou même de maintenir les cordons sanitaires, seuls moyen efficace de cantonner la peste. Ainsi, du point de vue de la population, la géographie des guerres a plus d'importance que leur histoire.
Il semble donc que la guerre soit inséparable de l'épidémie et de la hausse des prix. C'est par son intermédiaire que l'histoire politique marque son empreinte sur la conjecture démographique". ("La population française au XVII ème et XVIII ème" P.U.F 1979

La malnutrition
Elle est encore présente au XIXe dans les populations peu aisées. On ne parle plus de famine, mais plutôt de déséquilibre alimentaire dû à la faible variété de produits consommés.
Si dans le monde rural, on produit viandes, légumes, œufs, lait etc. on est parfois amené à s'en désaisir et les vendre au marché pour éponger des dettes ou payer les dîmes et autres impôts. On ne se réserve alors que les restes.

Les infirmités de naissance.
Naître avec un handicap physique ou mental vouait l'individu à une bien triste vie.
Pas d'institut d'éducation, de centre d'aide par le travail, pas de psychiatre. Si l'enfant ne décédait pas rapidement, il était condamné à dépendre de ses parents ou de ses proches.
Je ne connais pas de cas à Pouilly, mais statistiquement il est certain qu'il y en eut.

La rage.
Elle était redoutée, car sans remède. A part quelques décoctions sans grand effet, les bains de mer, les pèlerinages à Saint-Hubert. Avant  Pasteur, elle ne laissait qu'une chance infime de survie.
Il ne restait plus à l'entourage du malade qu'à exercer ce qu'on considérait alors comme un acte de charité, l'euthanasie...  Le malade  après avoir été lié  de peur des  morsures,  était ou étouffé ou noyé.  (Voir l'article de Claudette  Picot dans Terres Ardennaises No 32 10/1990).

Le tétanos
Il est fréquent et touche ceux qui se blessent et sont en contact avec la terre, les déjections animales, la poussière, autrement dit la majorité de nos ancêtres, essentiellement terriens. Les chances de s'en sortir sont minimes.

L'alcoolisme

Les archives en font peu état, mais il est certain que dans une région viticole comme Pouilly l'était, il dut faire quelques ravages.
Certes la piquette devait titrer au plus 9 à 10 °, mais la quantité devait palier le manque d'alcool. La goutte par contre frisait les 50 °.
L'abondance de boissons alcoolisées nous est connue par les réquisitions prussiennes en 1870/1873.
Jean-Baptiste Dupront est par exemple réquisitionné pour 100 litres de vin et 100 litres de goutte.
Georges Martinet pour 100 litres de bière, une veuve Paradis pour 230 litres de vin, Caroline Pernot 200 litres de vin rouge, Grattepin Auguste, 700 bouteilles de vin, Eugène La Marle 1 000 litres de vin etc.
Le nombre de cafés est aussi un indice de la consommation.

Les maladies "industrielles"
L'usine textile au XIX ème a sans doute amené son lot de maladies liées au travail. Les fibres en suspension provoquent asthme ou bronchites chroniques. Là encore il n'en est pas fait état dans les archives.
En 1840 l'âge d'admission des enfants dans les usines était de 9 ans. On imagine facilement les dégâts sur de si jeunes organismes.
Si les causes de ces maladies étaient connues, il ne devait pas faire bon en parler, sous peine de perdre sa place.

Les accidents
La protection au travail n'est apparue que fin XIXe et encore, timidement. Auparavant le travailleur qui se blessait en était quitte à se débrouiller seul.
Les infirmités qui découlaient d'une fracture mal réduite, d'une amputation ou simplement de l'usure du dos vouaient celui qui en était victime à une vie d'assisté.
Si la solidarité existait, elle avait ses limites naturelles, celles de sa propre existence.



La folie
Une pathologie longtemps incomprise car on ne savait pas la soigner.
Jusqu'à la création des asiles d'aliénés, on gardait chez soi les personnes atteintes de débilité. Des expressions comme "l'idiot du village", ou "on l'aime bien au village", rappelle leur triste situation.
Les soins au moins jusqu'après la deuxième guerre étaient rudimentaires :
"...bromure de calcium, gardénal, chloral, laudanum...  hydrothérapie, chocs thermiques font partie des techniques de soins...La syphilis est traitée par l'arsenic etc." (Le Centre hospitalier de Fains-Véel. Revue française d'histoire des hôpitaux, 1997, no 86, page 19 à 22)
En fait un mouroir..
En Meuse c'est à l'hôpital psychiatrique de Fains-les-Sources qu'étaient internés les malades.
Appelé auparavant "Asile départemental d'aliénés", il était situé 6 rue de Bar et c'est ainsi que nombre de décédés sont "domiciliés" à cette adresse.
Le budget communal de 1865 fait apparaitre une dépense non prévue de 73 francs, pour "aliénés indigents à l'hospice de Fains.", puis en 1866 54,60 francs

Avant la révolution je n'ai trouvé que Lambert Élisabeth décédée le 27/07/1694 et dont le curé dit qu'elle était "... imbecille d'esprit ..."  (AD55 Pouilly 1673-1722 134/276)
De manière plus édulcorée, Fulgence Richer parle d'un certain Ciselet,  "aliéné d'esprit".

Parmi les pensionnaires de Fains, on peut citer :

Lambert Louis François, né le 02/11/1789, de Lambert Louis Pierre et Barbe Habran, célibataire, il meurt le 01/12/1827 à Fains. La retranscription du décès est en date du 30 décembre. (AD55 1823-1832 161/212)

Gobert Marie décédée à Fains, 6 rue de Bar, le 29/09/1890 à 67 ans, célibataire. (AD55 Fains 1883-1892 244/330). Elle était la fille de Mathieu Gobert et de Marie Anne Durlet. Transcription à Pouilly (AD55 1883-1892 164/185) et (AD55 Fains 1883-1892 244/330 acte 79)

Mathieu Victorine Alice née le 30/06/1886, à Pouilly, fille de Jean-Pierre Mathieu et de Marie Clémence Gobert. Elle avait été mariée à Jules Louis Gobert le 20/09/1909 à Montay (59)
Elle décède à Fains le 16/08/1972.

Louis Philippe ca 1806-1844. Les témoins de son décès le 12/01/1844, sont deux employés de l'hôpital psychiatrique de Fains. Il est alors âgé de 38 ans, célibataire et sourd-muet. On le dit domicilié à Pouilly, mais les parents sont inconnus. La retranscription de l'acte est du 22/01/1844. (AD55 1843-1852 53/369)
Si son père est de Pouilly, il pourrait s'agir de Jean Claude Philippe, né le 23/05/1774 et décédé à Pampelune (Espagne) le 16/11/1810.  Il était gendarme à Chambéry et marié à Catherine Fauvelet. Or il existe justement un acte de baptême du 17/01/1805 à Montmélian (73) d'un Louis Philippe dont les parents sont ceux cités. (AD73 Montmelian 4E/1358 6/111).
Il s'agit bien d'un baptême. En effet la Savoie n'a été annexée à la France qu'en 1860. L'enregistrement n'était donc pas fait comme en France.

Louise Fortier née le 13/03/1799 à Villemontry, mariée en première noce à Nicolas Ravignaux le 08/04/1820 à Villemontry, se remarie le 25/03/1834 à Jean Jacques, négociant. Sur l'acte de mariage elle est qualifiée de "Mademoiselle Louise Fortier" . Cette qualification laisse supposer une certaine notoriété. Elle était propriétaire. (AD55 1833-1842 55/352)
Elle décède pourtant à l'asile de Fains le 07/08/1884 (AD55 Fains 1883-1892 37/330)

Edoire Brasseur né à Pouilly le 19/08/1835 décède à Fains le 06/06/1886 (AD55 Fains 1883-1892 80/330 acte 66)

Marguerite Juppin décède à Fains-les-Sources le 19/03/1898, rue de Bar, no 6. Il y est dit qu'elle est sage-femme, mariée à Honoré Mathieu, mais que son domicile habituel est à Avioth  (AD55 Fains 1893-1902 314/462)
Elle s'était mariée le 12/01/1859 à Pouilly, à Honoré Mathieu, maréchal-ferrant du village. (AD55 1853-1862 154/227)
Elle exerçait encore en 1872, puisque le 29/10/1872, elle accouche à Pouilly d'une Marie Marguerite. Le couple habitait donc encore le village. Elle y est encore qualifiée de sage-femme. (AD55 1863-1872 152/179)
Le 16/12/1883 au mariage de sa fille Catherine Augustine avec Jean Baptiste Juppin à Brandeville, il est écrit sur l'acte " ...actuellement internée à l'asile de Fains et se trouvant par conséquent dans l'impossibilité de manifester sa volonté...". (AD55 Brandeville 1883-1892 159/282 acte 13)

Jeanne Marie Collard, née à Pouilly le 28/06/1854 de Jean Joseph Collard et de Marie Claire Gobert, décède à Fains le 24/09/1901. (AD55 1893-1902 Retranscription 51/148)

Marie Mélanie Galot veuve de Jean Goulin, décède à Fains le 04/12/1919. Elle avait été directrice de garderie.

Joseph Adolphe Gillet décède le 29/05/1927 à Fains. Il était né à Luzy le 20/3/1857. Il était marié à Mélanie Malot. Il demande le 18/02/1920 une allocation journalière de 1,25 franc accordée par l'état aux jeunes gens qui avant leur départ pour le service remplissaient effectivement les devoirs de soutien de famille. C'est le cas de son fils Félix Gillet.
En juin 1927 la commune tente de "...récupérer sur la succession du nommé Gillet Joseph Adolphe, décédé à l'asile de Fains, partie ou totalité des frais supportés par la commune et le département, occasionnés par son internement...". Mais comme il n' a rien laissé il ne voit pas la possibilité de récupérer quoi que ce soit en raison de l'internement de ce malheureux...".


Mais il existait d'autres lieux d'internement comme Prémontré dans l'Aisne.

Soileau Xavier Édouard, né à Pouilly le 22/09/1835, décède le 07/12/1869 à Prémontré (02) à l'asile.

Ou encore :
Gobert Jean-Baptiste, né le 18/03/1793 à Pouilly, de Jean-Baptiste Gobert (1752-1829) et de Catherine Claisse (1765-1806). Il était cultivateur, mais on le retrouve habitant à Reims, où il épouse le 28/11/1818 Elisabeth Alexandrine Durin. Il décède le 22/04/1852 à l'asile public d'aliénés de Châlons-sur-Marne. (AD51 Chalons sur Marne 1852 34/111 acte 134)

Marguerite Félicie Nicolas, née à Pouilly le 15/05/1839, mariée à Jean-Baptiste Nief le 20/04/1875 à Paris 05, décède le 20/08/1886 à l'asile Sainte Madeleine, de Bourg-en-Bresse le 30/08/1886. (AD01 Bourg en Bresse 117/193 acte 450)



Mais qui soignaient nos ancêtres ?

caricature du medecin On trouve dans les registres paroissiaux quelques chirurgiens.
Encore faut-il s'entendre sur le mot chirurgien. Il s'agit souvent d'un barbier avec quelques connaissances d'anatomie.

En 1503 il n'y en avait pas de disponible à Pouilly. Une lettre de rémission de cette date concernant Jehan Gruel nous l'apprend : "...ledict petit Jehan est alle de vie a trespas par faulte de bon cirurgien Et Sil fust este bien Secouru ne fut este mort Toutesfois Il est deffunct...".

En 1770 le curé Polonceau à la question : "N'y a-t-il point d'hôpital, ou revenus affectés aux pauvres ou aux malades ?" répondait : "Il n'y en a point. On souhaiterait fort qu'il y en eut.".

Voici l'extrait d'un courrier en date du 13/02/1791 (AD55 Q176 Pouilly 412)
"...et qu'il n'y a dans cette municipalité aucun médecin, chirurgien, apothicaire. Il y avait seulement dans ce lieu, les années dernières un bureau de charité qui payait les chirurgiens qu'on faisait venir des villes les plus voisines, pour le soulagement des pauvres malades, et ce bureau de charité n'existe plus faute de fonds. Il y a dans cette municipalité deux sœurs pour l'éducation des filles de la paroisse qui sont payées par la communauté et qui assistent de leurs secours les malades de la paroisse qui depuis quatre mois ont été en très grand nombre...".

Jusqu'au XIXe siècle, la médecine fait ce qu'elle peut. C'est à dire peu.

On pratique la saignée, les lavements, on prie.
Un exemple illustre bien l'incohérence de certaines pratiques.
Le 28/10/1778 une gamine de 14 ans est entrainée par la crue avec sa monture. Elle réussit à rejoindre la berge. Elle "fut ensuite recueillie par Jean-Baptiste Normand, batelier et conduite chez M. Duhoux, curé de Pouilly, qui la fit réchauffer et saigner". (Journal politique Gazette 1778 ). La perte de sang, ajoutée à l'hypothermie n'était sans doute pas nécessaire.

Enfin une pharmacopée qui prêterait à rire si elle n'avait pas décimé nos ancêtres. On donne des décoctions diverses, quelques embrocations dont la recette tient plus de la sorcellerie que de la médecine.
La bibliothèque bleue (en fait ces petits ouvrages vendus par les colporteurs) donnaient quantités de remèdes plus ou moins sérieux.

Le curé de Chauvency-le-Château consigne par exemple en 1705, un remède contre la peste dans ses registres paroissiaux. (AD55 1719-1725 43/65)
Il s'agit du vinaigre des quatre voleurs. La légende dit que quatre voleurs détroussaient les morts de la peste sans être contaminés. Mais curieusement ce remède, apparu entre le XIV et le XVII ème, est toujours en vente au XXI ème siècle !

vinaigre 4 voleurs


Les médecins, si rares en nos campagnes, n'étaient appelés qu'en dernière extrémité. On leur préférait les rebouteux ou autres "sorciers" car la médecine était coûteuse. Et puis le voisinage aurait jasé sur l'état de santé du malade...
Jusqu'à fort peu de temps, on estimait plus le vétérinaire que le docteur. La vie du grand-père désormais inutile aux travaux, ne valait pas celle du cheval ou du bœuf de trait. (On notera quand même que les remèdes pour les animaux étaient du même jus que pour les hommes et que beaucoup devaient en crever...)

Et parfois on préférait se passer de leurs soins plutôt qu'aggraver le mal, comme on peut le lire ci-dessous. (AD22 Crehen 1756-1776 602/739).

ad22 crehen

"...on a point demandé de médecin de peur d'en faire mourir d'avantage...". Voilà qui en dit long sur la confiance accordée aux praticiens !

Au XiXe la situation n'était guère plus brillante.
L'acte de décès de Lambert Bureau d'Inor le 15/03/1839, nous renseigne sur la qualité des services qu'on pouvait attendre dans les hospices. En effet les témoins cités sur l'acte ont 76 et 69 ans et y sont infirmiers ! (AD55 1843-1852 350/369)
La médecine à l'armée n'était pas meilleure si on en juge par le décès de François Gobert (1807-1829) décédé à l'hôpital de Lille le 5 septembre, suivant la déclaration de deux infirmiers qui ne savent écrire ni signer. (AD59 Lille 228/1139 acte 2442)



La prévention

Jusqu'au XIX ème siècle, elle n'existe pas. Le rapport entre hygiène et santé n'est pas clairement établi.
L'eau est polluée, on vit au contacte des animaux, on se lave peu.
Si il existe des règlements concernant l'abattage des animaux et la boucherie, on s'en soucie assez peu. L'occasion de manger de la viande, l'emportant sur le risque sanitaire. On peut lire : "Histoire des peurs alimentaires" de Madeleine Ferrieres Isbn 978 2 7578 5310 8.
Certaines précautions en cas d'épidémie sont surprenantes, comme celle de faire du feu devant sa maison.
"Le pourpre règne à Mouzon et enlève aux environs de 40 personnes. En conséquence, on ordonne à chaque bourgeois de faire un feu devant sa maison au son de la cloche pour purifier l'air corrompu.".  C'était en 1700. FR

Denain en dit autant et relate une mésaventure à ce sujet arrivée en 1636 :
"Certaines personnes, qui dans Stenay s'imaginèrent que la fumée de la poudre à canon ou de foin ou de quelqu'autre herbe forte, chasserait l'infection de l'air, conseillèrent aux domestiques d'un sieur Raulin Gourdel, demeurant près l'église paroissiale, d'en brûler dans sa maison qui était fermée à cause de plusieurs personnes attaquées de la contagion. Ces domestiques crédules et négligents  firent brûler du foin dans une chambre haute et mirent le feu à la maison d'où il se communiqua à 5 voisines et au chœur de l'église qui furent incendiées le 19 novembre.". (Tome 1 276/442)

On invoquait aussi les saints thaumaturges, quand on ne les menaçait pas en cas d'insuccès !
C'est amusant d'ailleurs de voir comment par jeux de mots, ces saints guérisseurs étaient associés à telle ou telle pathologie. On peut citer : Sainte-Claire et Sainte-Luce pour les troubles de la vue, Saint-Cloud pour les furoncles, Saint-Mammes pour l'allaitement, Saint-Ouen pour la surdité, Saint-Expedit pour les causes urgentes etc.

Les maux étaient associés aux noms de saints (sous forme de "mal de Saint-X). En voici une liste non exhaustive :

Antoine (ou feu de Saint-Antoine), ergotisme provoqué par la farine de seigle. (Mais notre région n'était pas ou peu productrice de seigle.)
Claude : la méningite.
Denis ou de Saint-Eustache : les possessions diaboliques, les troubles du comportement.
Fiacre : les hémorroïdes.
Gildas ou de Saint-Hubert : la rage.
danse de Saint-Guy : chorée, affection neurologique caractérisée par des mouvements brusques et involontaires.
Jean : épilepsie ou haut mal et mal caduc.
Maur : la goutte.
Laurent : le zona et autres affections dermatologiques.
Mathurin ou Saint-Mathelin : la folie et autres troubles psychiques.
Marcoul : les écrouelles, ganglions tuberculeux. Les rois de France avaient dit-on le pouvoir de les guérir...
Zacharie ou Saint-Acaire : les maux de dent. Etc.


Les fontaines miraculeuses étaient légion, mais nous n'en avons pas à Pouilly.
On n'hésitait pas à y baigner un malade qui ne s'en remettait pas forcément. C'était d'autre part le seul bain qu'il prendrait peut être de sa vie... Le thermalisme, si il existait déjà, ne touchait pas nos ancêtres paysans ou artisans.

Pour résumer, jusqu'au XIX ème, soigner prenait trois orientations, la médecine d'Hippocrate et de Gallien, les recettes empiriques du rebouteux ou du sorcier et le recours à la religion.

La médecine a ensuite fait des progrès avec avec les découvertes de Pasteur, puis celles d'Ignace Philippe Semmelweis, médecin hongrois, qui fit le rapprochement entre l'hygiène et la contagion.
La radiographie, les progrès de la chirurgie et enfin les antibiotiques au siècle dernier furent pour beaucoup dans l'allongement de la vie.
Les guerres contribuèrent aux progrès de la médecine. Il fallait bien réparer les maux qu'elles créaient.

La vaccination antivariolique mal accueillie au début, mit fin à la petite vérole.
En 1907 le conseil municipal de Pouilly "...vote la somme de 31,11 francs pour les frais relatifs à la vaccination...".
La loi imposera aux communes des aides pour les personnes ne pouvant se soigner faute de moyens. (Loi du 15/07/1893 par exemple).
La municipalité se dote d'un bureau de bienfaisance. Ce bureau prend en charge les frais de maladie des personnes dans le besoin.
Ainsi ce Jean-Baptiste Scholtaisse, qui décède le 27/12/1929, à l'hôpital de Stenay. Le 24/01/1931, la commune prend à sa charge sa facture de 608,75 francs ou cette Zelia Colard, veuve Gobert en 1936, qui meurt à l'hospice de Stenay en 1939.
Au hasard d'une facture de la boucherie Gobert-Stevenot, c'est un Louis Gobert qui a reçu 30 litres de bouillon avant 1914. Le 20/09/1919 Gobert réclame son dû au bureau pour la somme de 9,20 francs.
En 1925 Louise Pierret épicière adresse sa facture au bureau pour 1 kg de café, 1 kg de sucre, 2 paquets de chicorée, le tout pour 30,60 francs.
Le 07/01/1925, c'est la boulangerie, épicerie Jonet-Tribut qui envoie sa facture pour du pain, du sucre, du café etc. mais aussi 3 balais en paille de riz.
Le 26/12/1927 le bureau de bienfaisance délivre un bon pour une livre de café, un kilo de sucre et un paquet de chicorée à la veuve Lamoureux pour 19,20 francs à prendre chez Félix Granger.
Le même jour est attribué à M. Scholtaisse 1 kilo de lard à prendre à la boucherie Gobert.

Aux sollicitations classiques et alimentaires, on peut ajouter cette demande du maire M Percebois à M Humbert :
"Je vous prie de vouloir bien coucher sur la paille ou le foin le porteur de la présente et lui donner une livre de pain. Je vous réglerai".
On ne connait pas le bénéficiaire de cet accueil.


A cette époque, la municipalité travaille également pour amener l'eau potable.

On pourra lire l'ouvrage de Jacques Léonard   "La vie quotidienne du médecin au XIX ème siècle". Ouvrage assez technique mais fort documenté. Isbn 2-7242-7039-8
Mais aussi "La médecine à l'époque de la  révolution française" de Jean Lambert, publié par La Brèche-PEC Montreuil. Isbn 2-902524-73-0. Certes cet ouvrage traite des médecins de la Marne, mais on peut sans risque imaginer la même vie pour nos médecins meusiens



Parmi nos praticiens on trouve :

Melchior Durand était chirurgien. Il se marie à Anne Cornail à Stenay le 23/05/1673. (AD55 Stenay 1673-1694 20/396). Sa fille Jeanne nait à Pouilly le 03/05/1677 et c'est le seul acte qui le concerne.  Anne Cornail se remarie le 11/06/1681 à Avrilly (03) avec Nicolas Gastefossé. C'est à cette occasion qu'on apprend le métier de feu Melchior Durand. (AD03  Avrilly 1668-1684 79/25).

Michel Le Grand est maître-chirurgien. Il est originaire de Bouillon en Belgique. Il se marie le 05/06/1691 à Marie Huttin (ca 1674-1711). Il meurt le 04/01/1695 à Pouilly. Son père Louis Le Grand était lui même chirurgien à Bouillon.

Falala Martin maître-chirurgien (1696-1711-1720), chirurgien juré en 1712, marié à Marie Hutin, veuve de Michel Le Grand ci-dessus. On le rencontre lors du baptême de son fils Claude le 25/06/1696 (AD55 1673-1722 147/276) et d'un autre Claude le 13/07/1705 (AD55 1673-1722 163/276).
Ce Martin Falala est accusé d'avoir engrossé Élisabeth Falala et d'être le père d'une Élisabeth née le 27/08/1712.
"... laquelle suivant les déclarations de la dite Élisabeth Falala du neuvième may dernier provient des œuvres du sieur Martin Falala chirurgien juré demeurant en ce lieu..." (AD55 1673-1722 191/276).

En 1747 le 24 décembre C'est Jean Gobert (1673-1748) chirurgien juré, qui baptise le fils de Jean Ravigneaux, laboureur et de Marie Habran "...dés le moment de sa naissance dans la crainte de etc. (AD55 1723-1759 149/267).
L'enfant a été inhumé le même jour.
C'est la première fois (connue) à Pouilly qu'un homme intervenait lors d'un accouchement. Ce Jean Gobert originaire de Pouilly habitait alors Cesse.

Le 16/01/1770 se marie à Inor un chirurgien dentiste. Il s'agit de Jean Félix Rouppe originaire de Bambiderstroff (57). Il était alors militaire. L'épouse est Anne Catherine Deprit. (AD55 Inor 1763-1791 53/261)
Le couple finalement s'installe à Inor et on retrouve notre Jean Félix comme médecin. Il décède le 16/1/1787 et le curé note "...médecin très regretté..."

Un sieur Habran, chirurgien à Mouzon était connu à Pouilly. L'inventaire après décès de Louis Joseph de Pouilly en 1755, fait état d'une dette de 250 # portée en la promesse qu'il a fait au profit de M de Sainte Marie le 29/11/1754.

Armand Varroquier, maître-chirurgien demeurant à Mouzon, officie le 20/10/1775, lors d'un accouchement (AD55 1760-1791 168/345). Il s'agit du fils de Michel Ponsin, maître d'école à Pouilly et de Marie Anne Hussenet.
Il était marié à Louise Marguerite Amour. Le 15/09/1788 il perd sa fille âgée de 15 jours en nourrice à Sailly (08).
Le 08/12/1812 c'est son fils Armand qui meurt de ses blessures dans une prison en Écosse. Il était sergent, âgé de 28 ans et né le 20/04/1787 à Mouzon. Transcription du 06/01/1815.

En 1849 on constate dans le budget de la commune une ligne de dépense supplémentaire : "Indemnité à la sœur pour soins aux malades" pour la somme de 50 francs.



  Médecins nés à Pouilly sans y exercer

Jacques Marc dit Turin médecin oculiste qui mérite bien une page tant ce fut un curieux personnage.

Léon Louis Gobert, né le 28/03/1879, de Louis Adolphe Gobert et Marie Gillet. Il est en 1898 étudiant en médecine et ensuite médecin militaire. Il participe à la grande guerre comme médecin des armées.
Il est inhumé à Pouilly en 1960.



Les épizooties et zoonoses

Nos ancêtres vivaient en compagnie de leurs animaux. Leur proximité assurait un complément thermique non négligeable.
Chaque foyer possédait souvent son cheptel, et poules, moutons, porcs, vaches etc. en assuraient l'alimentation et les rentrées d'argent lors des ventes aux marchés.
Les animaux de trait, comme les chevaux ou les bœufs, richesses du laboureur, remplaçaient les tracteurs actuels.
Mais que survienne une épizootie et c'est l'ensemble de la communauté qui était touchée.
Nos ancêtres étaient tout aussi impuissants devant la maladie des animaux que devant la leur propre. Certaines maladies animales pouvant se transmettre à l'homme et inversement. C'est le cas de la tuberculose, de la  peste ou de la grippe aviaire.

La peste bovine a sévi en plusieurs vagues, de1711 à 174, de 1742 à 1748, de 1769 à 1775, en 1796. La fièvre aphteuse se manifeste sporadiquement en1662, 1680, 1695, 1707, et entre 1763 et 1813.

La disette s'installe avec la disparition des animaux nourriciers.
Le changement d'état, de laboureur à cultivateur ou à simple manouvrier, s'explique souvent par la perte des bêtes destinées aux travaux des champs.
Le passage de troupes avec des animaux malades a joué un grand rôle dans la propagation de ces maladies. Mais ce n'est pas la seule cause. Il ne faut pas oublier le manque d'hygiène des étables, La promiscuité à la paisson ou aux points d'eau, le peu de savoir des vétèrinaires et la dissimulation des maladies par crainte d'éradication du troupeau.
Pour Pouilly on trouve peu de traces écrites de ces calamités.
Le maire Louis Balland note : "...ces malheureux fournisseurs (de réquisitions) dont la position malheureuse est encore aggravée depuis, par suite de la perte bovine qui s'est déclarée à la suite du passage de l'armée prussienne, perte qui a fait périr presque tout le bétail qui était leur dernière ressource...".  (AD55 8 R 160)

Plus prés de nous la fièvre aphteuse, la maladie de la vache folle ou la myxomatose du lapin, nous rappelle que ces calamités, certes mieux maitrisées sont toujours en embuscade.

On pourra se référer à l'article de François Vallat, "Les épizooties en France de 1700 à 1850" paru dans "Histoire et société rurale". 2001/1 vol 15.
Mais aussi à "Histoire des peurs alimentaires du moyen âge à l'aube du XXe" de Madeleine Ferrieres. Isbn 9 782757 853108.



Les loups.
Danger pour les troupeaux et parfois pour les hommes, ils sont aussi vecteurs de maladies, telles la rage, l'échinoccocose etc.
Si au XXI ème leur réapparition reste anecdotique, leur présence en nos régions est avérée et redoutée jusqu'au XIX ème.

Ainsi dans la Marne peut on lire sous la plume du curé Fourré, de Fromentieres (51) :
"L'an de grace mil sept cent soixante le septieme
du mois de may a été Inhumé le reste du corps
de Thomas Sarazin age de soixante et quinze que
les loups ont mangé dans les bois de l'Etang de la
chaine , le dit Defunt etoit depuis quelque tems tombé
en Enfance les soussignez ont assistez a l'Enterrement " (AD51 Fromentieres 1709-1792 126/353)

Vigneron écrit :
"Après la révolution, on vit les loups se multiplier ici comme dans le reste de la France, et des primes furent offertes sous le premier empire pour les détruire. En 1808 on donne 15 fr pour une louve, 18 si elle est pleine, 12 pour un loup, 3 et plus tard 6 fr pour un louveteau.".
En Meuse furent tués en 1810, 220 bêtes, en 1815, 212 et en 1819, 221.
Le 05/11/1808 un loup attaqua même un cheval dans son écurie à Cesse.
On voit que la menace était donc bien présente mais on ne trouve aucune trace d'attaque à Pouilly.

Autre vecteur de la rage, le renard. Une campagne de vaccination par appâts dispersés dans la nature à partir de l'automne 1988 a fait disparaître ce risque. Une éradication systématique, souhaitée par le lobby de la chasse, a bien failli faire disparaître notre goupil.