armoirie de pouilly Les seigneurs de Pouilly

Pouilly, Mensdorff, Cornay et bien d'autres...




Dans ces pages nous allons trouver des seigneurs de village.



Ceux de Pouilly-sur-Meuse bien sûr mais aussi d'autres.

Si une famille en habitant Pouilly est prédominante, il ne faut pas oublier qu'une seigneurie était complexe et qu'il existait une quantité de gens se présentant comme seigneurs du village.

La principale est la famille de Pouilly, de Pouilly jusqu'à la révolution qui nous intéresse au premier chef.
 
Une famille de Pouilly-Cornay qui s'établit en France en 1502 et dont il existe toujours des descendants à Cornay justement, petit village des Ardennes.

Les Mensdorff qui ne vécurent jamais en France mais qui s'illustrèrent en Autriche et qui existent encore.
Le premier à porter le nom est Emmanuel Mensdorff Pouilly.

Et quelques autres branches aujourd'hui disparues. Les Pouilly ont essaimé un peu partout et on ne retrouve leurs traces que par les châteaux qu'ils ont possédés (Gruyeres 08, Saint-Marceau 08 etc.) et bien sûr les  archives.

A signaler, ce Simon de Pouilly, seigneur de Loupy, gouverneur de Stenay et bâtisseur du château de Louppy. Mais ce n'est qu'un lointain parent de ceux de notre village.



Mais d'où venait donc cette famille de Pouilly ?

Certains la font remonter  jusqu'à un certain Victor de Polliaco au Xe siècle, ce qui semble bien être une légende !
On pourra lire cela sur la page Poliaco.

D'autres trouvent son berceau parmi les premiers comtes d'Ardennes... et font état de châteaux à Pouilly-sur-Saône, Pouilly-le-Fort etc. Il existe en France une douzaine de Pouilly, lesquels ont tous eu leurs seigneurs
Donc à lire quelques essais d'explication sur les origines de cette famille.





Pour l'anecdote...

Nous rencontrerons aussi la comtesse de Sabran dont la fameuse lettre au chevalier de Boufflers fit les délices des historiens locaux...
Il était difficile de faire l'impasse sur sa visite à Pouilly mais en y apportant au moins quelques explications.



Et pour s'y retrouver dans les titres.

En partant du bas.

L'écuyer ou le damoiseau. A l'origine c'est celui qui portait l'écu et attendait d'être adoubé.
Le chevalier comme son nom l'indique était assez riche pour posséder un cheval et son équipement.
Le chevalier banneret, un peu plus riche que le précèdent, pouvait regrouper d'autres chevaliers sous sa bannière.
Le baron.
Le vicomte.
Le comte.
Le marquis.
Le duc.
Le prince de sang.
Et enfin le roi.


Il existait plusieurs types de noblesse :

La noblesse d'extraction ou de race pour des familles où depuis toujours sans pour autant qu'on puisse le prouver, les ascendants se disaient nobles. Parmi celle-ci il faut distinguer la noblesse d'extraction chevaleresque dont l'origine est antérieure au XIV ème, celle d'extraction ancienne remontant au XV ème et d'extraction simple issue du XVI ème.
On peut se demander comment ces gens se sont déclarés "nobles". A l'origine, ce sont des propriétaires un peu plus entreprenants que les autres, ou des meneurs d'hommes un peu plus intelligents ou plus courageux lors d'invasions ou de guerres.
Ils ont agrandi leurs domaines, puis ont protégé, donné du travail à des plus pauvres qui sont devenus leurs obligés.
Devenant défenseurs de "leurs gens", ils se faisaient payer et les asservissaient par des prêts, des tenures, des corvées, des droits banaux etc.
Mon appréciation des origines de la noblesse, m'a valu un long courriel, tentant de démontrer qu'il n'y avait "...pas plus de méchants avec particules qu'il n'y en a aujourd'hui avec compte en banque..." et que l'ascension de certains n'était due qu'à leur bravoure, leurs services rendus etc. C'est un peu réducteur.

Pierre Goubert écrit dans "Initiation à l'histoire de France" : "La mince élite cultivée des clercs s'était depuis longtemps installée bien au-dessus de la société laïque. Dans celle-ci ils distinguèrent très vite les guerriers des paysans, les riches des pauvres, les nobles des vilains. Ainsi se constitua la théorie des trois ordres qui, avec un peu de latin et autant de suffisance que d'insuffisance, résume un peu trop la composition de la société : Oratores, bellatores, laboratores, ces derniers unanimement méprisés, s'échinant pour que les autres puissent prier ou guerroyer." Isbn 2-213-01515-5


Un peu en dessous, la noblesse par anoblissement par lettre patente, par charge ou par fonction.
L'anoblissement par lettre patente émanant du roi était en gros l'achat du titre. Louis XIV en usera tant et plus pour remplir les caisses de l'état.
La charge telle que les hautes fonctions au parlement, à la cour des comptes etc. conférait le droit de porter un titre nobiliaire. Les bénéficiaires faisaient partie de la noblesse de robe, allusion à l'habit que leurs fonctions les obligeaient à porter.
Enfin l'anoblissement par fonction était conféré aux maires, échevins de ville importantes.
La noblesse d'épée apparut vers 1750 et fut accordée aux militaires.

Tout ce petit monde bénéficiait de privilèges exorbitants, ne payait pas ou peu d'impôt, pressurait le peuple par une quantité de droits, dîmes, redevances etc.
Le clergé n'était pas le dernier à participer à la chasse à la particule et au titre. Les Rohan, Richelieu et autres Guise...

Une dernière catégorie fut celle créée par Napoléon pour récompenser ses généraux. Elle perdurera après la restauration. Les bénéficiaires se virent doter de titres ronflants et rappelant les batailles de l'empire. Les Wagram, Ravigo, Castiglione et tant d'autres.
Un d'eux se distingua tout de même. Il s'agit du prince de Pontecorvo, alias Jean-Baptiste Bernadotte, qui de simple soldat finira roi de Suède et de Norvège. Mais cela nous éloigne de Pouilly.

A signaler aussi des "nobles" dont les titres sont quelque peu tirés par les cheveux.
Ainsi la famille Lamotte qui demanda et obtint d'adjoindre le nom de D'Argy, hérité d'une lointaine grand-mère, issue elle de quelques nobliaux ardennais.
D'ailleurs les bénéficiaires portaient le nom de Lamotte sur leur acte de naissance, et dossiers militaires.

A noter également que les dates de naissance, mariage, décès sont souvent absentes, même dans les actes notariés. Les baptêmes  pouvaient avoir lieu bien après la naissance. L'existence de chapelle castrales et la tenue, peut être de registres familiaux seraient peut être un début d'explication ?